Le conflit au Moyen-Orient a fait grimper les prix du carburant à des niveaux qui accélèrent la transition vers l’électrique sur le Vieux Continent, d’après des acteurs du secteur.
Le marché européen des véhicules électriques (VE) connaît une embellie inattendue. Selon des données communiquées à Reuters par New Automotive et l’organisation sectorielle E-Mobility Europe, les immatriculations de modèles neufs ont progressé de 34% en glissement annuel en mai, sur dix-sept marchés représentant plus de 90% des ventes automobiles dans l’Union européenne et l’Association européenne de libre-échange.
Les modèles 100% électriques représentent désormais près d’une immatriculation sur quatre dans ces zones. À l’origine de cette accélération figure notamment la guerre en Iran, qui a provoqué une flambée des prix du carburant à travers le continent, en lien avec les perturbations dans le détroit d’Ormuz.
Pour les constructeurs, l’impact est immédiat dans les carnets de commandes. Renault indique ainsi à l’agence de presse une hausse de 50% des réservations de véhicules électriques dans plusieurs pays européens.
Un cessez-le-feu fragile qui entretient le doute
Le marché de l’occasion bénéficie également de cette dynamique, avec une offre en expansion. Les prix y restent historiquement bas après la chute des valeurs de revente provoquée par les baisses tarifaires agressives de Tesla en 2023. De quoi ouvrir désormais la voie à un redressement à mesure que la demande se renforce.
Le contexte géopolitique demeure toutefois incertain. Si les États-Unis et l’Iran ont conclu un cessez-le-feu élargi, les perturbations du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz pourraient persister encore plusieurs semaines.
Cette situation devrait maintenir les prix du carburant à un niveau élevé pendant un certain temps, favorisant indirectement les véhicules électriques. En revanche, une normalisation plus rapide des approvisionnements en hydrocarbures pourrait réduire l’écart de coût d’usage entre thermique et électrique, atténuant l’incitation des automobilistes à changer de motorisation.
Les constructeurs chinois au secours ?
Dans ce contexte, une question s’impose : la Chine peut-elle durablement peser sur le marché européen ? Après s’être d’abord positionnés sur les segments moyen et haut de gamme, les constructeurs chinois ciblent en effet désormais les citadines et les compactes, où se concentre l’essentiel des volumes.
« L’intérêt des consommateurs pour les véhicules électriques est clairement stimulé par l’arrivée sur le marché de voitures chinoises très performantes et à bas coût », observe Andy Palmer, ancien dirigeant de Nissan à l’origine de la Leaf, premier véhicule électrique grand public, dans les colonnes de Reuters.
BYD, le groupe basé à Shenzhen, qui a eu le mérite de devenir récemment le premier vendeur mondial de VE au monde devant Tesla, a ainsi lancé il y a quelques jours à Berlin son modèle Dolphin G, une citadine spécifiquement conçue pour séduire le marché européen de masse.

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