Incendies en France : au Parc des expositions de Bordeaux, des milliers de sinistrés sans toit

Entre angoisse et solidarité, des milliers de familles chassées de chez elles par les flammes qui ravagent la Gironde ces derniers jours s’organisent tant bien que mal dans ce complexe événementiel transformé en centre d’accueil. Un huis clos où se dévoile l’infortune de tant de destins.

Une alerte stridente en pleine nuit, des valises bouclées à la hâte, des familles arrachées à leur sommeil. C’est ainsi que des milliers de vacanciers et de riverains de Gironde ont vécu ces dernières nuits, chassés de chez eux par les incendies qui ravagent le département, selon un reportage de France 24 diffusé dimanche 26 juillet.

Lors d’une déclaration samedi, la préfète de la région Nouvelle-Aquitaine, Sophie Brocas, a fait un point sur la situation, évoquant un bilan qui n’a cessé de s’alourdir. Près de 98 000 hectares sont partis en fumée sur l’ensemble du territoire depuis le début de l’année, un record historique selon le ministre de l’Intérieur Laurent Nuñez.

Pour le seul département de la Gironde, 140 maisons ont été détruites par les flammes. À ce bilan matériel s’ajoute un lourd tribut humain, marqué par de nombreuses évacuations d’urgence.

Un hangar transformé en village de fortune

En effet, près de 200 000 personnes ont dû quitter leur domicile en région Nouvelle-Aquitaine, dont au moins 70 000 issues de plusieurs communes proches de Bordeaux, ainsi que de nombreuses autres du Cap Ferret et du bassin d’Arcachon.

Une partie de ces sinistrés a trouvé refuge à Bordeaux, au Parc des expositions, dont les halls 1 et 3 ont été transformés en véritable centre d’accueil d’urgence. Sur place, l’envoyé spécial d’Europe 1 en Gironde, Wilfried de Villers, décrit un site où des milliers de personnes se sont réparties dans un immense hangar divisé en petits espaces improvisés.

Chacun s’est aménagé un coin avec les moyens du bord, entre lits de camp quand il y en a, matelas posés au sol, tables en plastique et quelques chaises.

L’angoisse du retour et l’élan de solidarité

« En recevant le message en pleine nuit, une alerte stridente. En fait, on ne s’y attend pas, on ne se dit pas que ça va nous arriver », raconte une évacuée, encore sous le choc, à France 24. Pour d’autres, le départ s’est fait dans l’urgence la plus totale.

Certains ont vu les flammes s’approcher dangereusement de leur logement. « Le feu, j’ai l’impression qu’il était à côté de moi, j’avais l’odeur et tout », témoigne une femme évacuée avec sa famille.

À l’aide de lits de camp et de tables, les évacués tentent tant bien que mal de se recréer un peu d’intimité au milieu de la promiscuité. Malgré des conditions parfois difficiles, Wilfried de Villers souligne que tous les évacués interrogés saluent unanimement l’engagement des bénévoles mobilisés sur place.

Il évoque notamment une jeune femme rencontrée sur le site, présente depuis 24 heures sans relâche pour distribuer de la nourriture et venir en aide aux personnes les plus fragiles, symbole d’une solidarité qui tente de compenser l’ampleur du désastre.


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