La petite machine se distingue par sa fine compréhension du monde qui l’entoure et par des capacités d’exécution jugées impressionnantes.
Le magazine Wired lui a attribué la note de 10/10 après l’avoir testé, une première, selon sa journaliste Adrienne So, qui revendique une bonne dizaine d’années d’expérience dans les tests de produits. The Verge l’a noté 9/10, tout en le décrivant comme un robot qui « corrige les défauts de tous les autres aspirateurs robots ». Quant à Gizmodo, le média l’a carrément qualifié d’amusant.
Le produit qui suscite tous ces éloges n’est autre que Matic, un robot aspirateur fraîchement débarqué sur le marché. Une arrivée en fanfare, portée par des capacités dopées à l’intelligence artificielle.
Contrairement à nombre de ses pairs, le petit appareil de 2 kilos, assimilable à un scanner monté sur roulettes, ne dispose pas de station de base. Il fait plutôt le pari de sacs jetables, à remplacer environ chaque semaine.
Lorsqu’il aspire un liquide, celui-ci est séché grâce à un gel spécifique. Sa commande vocale, ajoutée récemment, prendrait en charge environ 70 langues. De quoi garantir à l’utilisateur d’être compris.
Le pari du local pour préserver les données personnelles
L’un des éléments les plus intéressants à propos de Matic réside dans son approche de navigation, fondée d’abord sur la vision par caméra plutôt que sur le LiDAR, une technologie qui utilise des impulsions laser pour mesurer avec précision la distance entre un capteur et les objets qui l’entourent.
Grâce à ses cinq caméras infrarouges RGB, il traite les informations visuelles avec des techniques de localisation et de cartographie simultanées, afin de créer en temps réel des cartes tridimensionnelles photoréalistes de l’espace.
À l’origine, le robot a été conçu pour fonctionner sans connexion Internet, notamment via Bluetooth. Il embarque ainsi une carte Nvidia Jetson Nano, qui lui permet de traiter localement une partie de ses fonctions intelligentes.
Ses données sont stockées directement dans l’appareil, pour une meilleure sécurité. Il s’agit d’un argument de vente d’autant plus intéressant que la cartographie intérieure d’une maison constitue une donnée sensible.
Une success story encore fragile
La preuve : BFM Tech rappelle qu’Amazon avait, par exemple, tenté de racheter iRobot, le fabricant de Roomba, afin de mettre la main sur les plans des domiciles. L’approche de Matic tranche, par ailleurs, avec celle de nombreux robots fabriqués en Chine, souvent accusés de transmettre d’importants volumes de données.
Des chercheurs ont également signalé, ces dernières années, des risques de sécurité et de collecte de données liés à certains appareils connectés, notamment dans l’écosystème des drones et des objets intelligents.
L’appareil se démarque aussi par ses capacités de nettoyage, grâce à un boîtier à rouleau-brosse. Il peut aspirer et laver, au cours d’un même cycle, des maisons composées à la fois de sols durs et de tapis, sans mouiller ces derniers.
Mais si une partie de son intelligence fonctionne localement, la reconnaissance et le contrôle vocaux passeraient par les services de Google. BFM souligne également son prix élevé — 1 250 dollars l’unité —, l’absence de base, le coût des sacs et du gel, ainsi que sa dépendance partielle à des services en ligne pour les fonctions vocales, comme autant de limites à cette machine.

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