La petite commune gasconne d’Escource peut se targuer d’être l’une des plus vertueuses en matière de consommation énergétique. Le résultat d’un virage vers le photovoltaïque, profondément ancré dans le quotidien des habitants.
Pouvoir, en 2026, dans un contexte de crise énergétique liée aux troubles dans le détroit d’Ormuz, profiter d’une électricité à bas coût relève du luxe. C’est pourtant bien ce que vivent les habitants d’Escource.
Dans cette petite bourgade de 800 âmes, située dans le département des Landes, en région Nouvelle-Aquitaine, au sud-ouest de la France, l’électricité coûte beaucoup moins cher qu’ailleurs sur le territoire national, tandis que la taxe foncière n’a pas augmenté depuis 18 ans.
Le secret réside dans une adoption massive et ancienne du solaire. Sur les toitures de l’église, des écoles, de la mairie ou encore chez de nombreux particuliers, les panneaux solaires sont omniprésents dans ce village où la transition énergétique a un impact direct sur la vie des habitants, notamment sur leur pouvoir d’achat.
« L’écologie qu’on fait ici, c’est du concret. On la voit directement sur le portefeuille ! », résume Albert De Santos, chargé des services techniques, interrogé par Le Monde plus tôt cette année.
Une conversion entamée dans la douleur
« La commune produit aujourd’hui plus d’énergie qu’elle n’en consomme et n’utilise plus d’énergie fossile », affirme au Monde l’ancien maire Patrick Sabin. Par ailleurs, entre 2008 et 2024, la facture énergétique d’Escource a été réduite de 42%, tandis que sa consommation a chuté de 58%.
Il s’agit là des fruits d’une expérience pourtant douloureuse. En effet, dans la nuit du 23 au 24 janvier 2009, la tempête Klaus s’abat sur les Landes, l’un des cinq départements placés en alerte rouge par Météo-France dès la veille, laissant l’ensemble du département dévasté.
Au total, 310 000 hectares ont été touchés, dont 150 000 hectares à plus de 40% de dégâts, et 150 000 hectares de pins maritimes détruits à plus de 60%. Pour Escource, un territoire couvert à plus de 90% de forêt, l’ampleur de cette catastrophe fut considérable.
Plus d’un million d’euros d’investissements
De quoi insuffler une fibre écologique à la population. « Le discours écologique tel qu’il est fabriqué par les partis et les médias peut vite être ressenti comme moralisateur. À Escource, l’écologie s’est faite par la preuve, non par le discours », explique toujours au Monde Pierre Lasterra, l’actuel maire.
Dès 2011, la commune investit plus de 1,2 million d’euros dans le solaire. Aujourd’hui, 1 000 m² de panneaux photovoltaïques alimentent les bâtiments municipaux. « Grâce à ces panneaux, la mairie prend en charge l’électricité. C’est énorme, pour un petit club comme le nôtre, de ne pas avoir ces frais à payer », témoigne Teddy Lalanne, membre du club de pétanque de la commune, au micro de France 24.
Désormais, la commune revendique 61% d’autonomie énergétique. « Au prix actuel de l’énergie, si on n’avait rien fait, on serait à peu près à une dépense de 150 000 euros par an. Or, elle est tombée aujourd’hui à 35 000 euros », affirme le maire. L’objectif est d’atteindre 90% d’autonomie à l’horizon 2032.

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