Un rapport du comité scientifique international indépendant sur l’intelligence artificielle met en garde contre un essor très inégal de cette technologie, au détriment notamment des pays en développement.
La fracture numérique liée à l’intelligence artificielle est bien réelle et elle se creuse à mesure que la technologie progresse. C’est le constat dressé par le comité scientifique international indépendant sur l’IA dans un rapport publié mercredi 1er juillet.
Ce groupe d’experts, créé en 2024 pour synthétiser les connaissances scientifiques et éclairer les décisions politiques à l’échelle mondiale, souligne que certains pays disposent d’infrastructures robustes, de compétences spécialisées et de capacités de recherche avancées, leur permettant de tirer pleinement parti de cette révolution.
À l’inverse, d’autres États peinent encore à garantir une connectivité de base et des services publics adaptés, un retard qui les place d’emblée en marge de la course à l’IA.
Ainsi, 91% des modèles les plus marquants développés en 2025 provenaient du secteur privé. Les États-Unis en totalisent 59, contre 35 pour la Chine et seulement 13 pour l’ensemble des autres pays réunis.
Une IA à deux vitesses
« Plus d’un milliard de personnes utilisent l’IA conversationnelle chaque semaine (…) mais l’accès et les usages restent très inégaux, le Sud étant nettement en retrait par rapport au Nord », relèvent les auteurs du rapport, cités par BFMTV.
La puissance de calcul suit la même dynamique, concentrée entre les mains d’un nombre limité d’acteurs. Selon les experts, les États-Unis détiennent à eux seuls environ 75% des capacités des plus grands centres de données mondiaux, contre 15% pour la Chine et 10% pour le reste du globe.
« Cette concentration des ressources crée un risque d’homogénéisation des connaissances » alerte le document. Il appelle les gouvernements à reconnaître l’absence actuelle de mécanismes de gouvernance, nationaux ou internationaux, capables d’assurer un partage équitable des bénéfices liés à l’intelligence artificielle.
Pladoyer pour un dialogue mondial
La publication de ce rapport intervient à la veille du premier dialogue mondial consacré à la gouvernance de l’intelligence artificielle, prévu les 6 et 7 juillet à Genève. Cette rencontre doit rassembler les États afin de transformer les constats scientifiques en actions concrètes et coordonnées.
Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a indiqué qu’il participerait personnellement aux échanges pour faire avancer ce dossier.
Le comité espère que ce premier rendez-vous permettra de poser des bases solides pour l’action future des Nations unies, en privilégiant une approche pragmatique et orientée vers des résultats tangibles plutôt que de simples déclarations d’intention.
Le rapport s’achève néanmoins sur une note d’espoir mesurée, selon laquelle, pour de nombreux pays en développement, l’IA pourrait devenir un levier d’égalité des chances, à condition qu’une réponse multilatérale adaptée soit apportée à temps aux défis qu’elle soulève.

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