Une startup britannique en plein essor propose une ferme intérieure domestique entièrement automatisée, capable de produire des pousses fraîches en l’espace de quelques jours seulement.
« Tout le monde cultivera ses propres aliments, pourquoi pas ? » Le défi que se donne Hedley Aylott n’est pas mince. Il pourrait pourtant devenir une réalité dans un avenir plus proche qu’on ne l’imagine. Son entreprise Home Harvest part en effet d’une base déjà solide : une ferme en miniature, connectée et pilotée par algorithme.
La start-up britannique vient de franchir un cap décisif avec le lancement imminent de ses unités de culture intelligente destinées au grand public, après quatre années de développement intensif.
À l’intérieur de l’appareil, un environnement entièrement contrôlé par ordinateur régule en temps réel la température, l’humidité et la lumière. L’utilisateur n’a qu’un seul geste à effectuer : insérer un « tapis de graines » — une surface pré‑ensemencée de la taille d’une feuille A5 — dans l’unité, comme on placerait une capsule dans une machine à café, puis refermer la porte. Le reste se fait automatiquement.
La ferme dans votre cuisine
Selon Aylott, chaque tapis équivaut à un sac de 2 kg de graines de laitue, soit la production de 50 camions de laitue. En quelques centimètres carrés, compressée dans un mat de graines, se trouve potentiellement une récolte qui, dans la filière classique, mobiliserait des dizaines de camions, des centaines de kilomètres de transport et plusieurs semaines de logistique.
Les délais de pousse varient selon les variétés, mais la promesse reste la même : des pousses de petits pois en 10 jours, du basilic, de la roquette, des laitues baby‑leaf italiennes — la gamme baptisée « Fields of Verona » — ainsi que des micro‑pousses de radis, du cerfeuil ou du fenugrec.
L’entreprise propose des modèles à une ou trois étagères, branchés sur secteur, accompagnés d’une application qui fournit recettes, assistance et conseils nutritionnels. Celle‑ci permet de suivre les cultures en temps réel et de planifier ses repas en fonction de ce qui pousse.
L’utilisateur peut indiquer ses préférences culinaires — cuisine italienne, asiatique, méditerranéenne — et l’application suggère les tapis de graines les plus adaptés, ajuste les paramètres de l’appareil et anticipe les dates de récolte idéales.
Un problème systémique au cœur du projet
Les prochaines versions iront plus loin, en intégrant des fonctionnalités d’intelligence artificielle capables d’évaluer automatiquement la taille des plants, leur état de santé, leur vitesse de croissance et le moment optimal pour la coupe.
Derrière la dimension high‑tech, l’ambition est de réparer une chaîne d’approvisionnement alimentaire structurellement défaillante. Un secteur que le cofondateur Andrew Johnson — à l’origine, en 2005, de la marque Living Salad, qui proposait des salades en pot vendues directement en rayon — connaît intimement.
Selon lui, à peine 30% des salades en feuilles plantées sont réellement consommées, le reste étant gaspillé. Chaque semaine, le Royaume‑Uni importe environ 1 000 camions de salades en feuilles depuis le sud de l’Europe et l’Afrique, dont quelque 400 camions finissent à la poubelle.
Hedley Aylott reconnaît que l’invention n’a pas vocation à faire disparaître les salades en sachet, tout en admettant que les utilisateurs pourront remplacer une partie de leurs achats en supermarché par des alternatives plus économiques, plus fraîches et plus durables.

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