COP31 : le sort des tortues comme énième mise en garde

Alors que le monde s’apprête à converger vers la Turquie pour la COP31, la situation de ces animaux marins offre une illustration saisissante de la nécessité d’agir contre le réchauffement climatique.

La COP31 sera-t-elle un nouveau rendez-vous manqué dans le cadre de la mobilisation planétaire pour la préservation du climat ?

Les précédents n’incitent pas à l’optimisme. S’il fallait cependant une raison supplémentaire de convaincre les décideurs d’agir concrètement lors de ce raout climatique prévu en novembre prochain dans la ville turque d’Antalya, ce serait inévitablement le sort des tortues.

Pour cause, ces animaux, qui évoluent en mer et pondent sur terre, sont massivement présents sur la côte méditerranéenne de la Turquie. Leur situation illustre de manière saisissante l’urgence d’agir face au dérèglement climatique, qui s’amplifie chaque jour davantage.

C’est particulièrement le cas de la tortue caouanne, désignée, qui plus est, comme la mascotte officielle de la COP31. Également connue sous le nom de Caretta, cette espèce, qui vient pondre le long des côtes de la région d’Antalya, subit les effets du changement climatique jusque dans l’incubation de ses œufs.

Quand le réchauffement influence le sexe

En effet chez cet animal, la température influence le sexe des petits. Ainsi, plus le sable est chaud, plus il y a de chances de voir des femelles naître, comme l’explique à Reuters Yakup Kaska, biologiste spécialiste des tortues marines.

« Je peux affirmer que, sur toutes les plages, la proportion évolue en faveur des femelles. La température des nids a augmenté de près de 1 °C au cours des quinze à vingt dernières années », explique-t-il depuis la plage d’Iztuzu, important site de ponte pour les caouannes.

Fréquentée par les touristes le jour, cette plage est surveillée la nuit par des bénévoles qui veillent sur les nids, protégés des renards par des cages. Chaque année, environ 30 000 bébés tortues y rejoignent la mer, toujours d’après l’agence de presse.

Une espèce qui s’adapte, mais jusqu’à quand ?

Dans ce contexte de pression intense, les tortues voyagent de plus en plus loin à la recherche de températures favorables. « Elles se déplacent vers ces zones plus fraîches pour pondre », indique Yakup Kaska, qui dit constater désormais la présence de nids en Croatie, en Italie et en Espagne.

Sur certaines plages, la proportion de femelles à la naissance frôle même les 90%. Au-delà du risque de disparition des mâles, la caouanne est également menacée de mort par la hausse des températures et la pollution plastique des océans.

« Jeter un sac plastique à la mer, c’est comme tirer une balle sur les tortues », déclare encore Kaska. Alors que le président de la COP31, Murat Kurum, a fait de la protection des océans et des milieux côtiers l’une des préoccupations de l’événement, les décideurs seront-ils à la hauteur des enjeux ?


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