Un tribunal australien a mis le holà à un projet d’expansion d’une mine de charbon, dont l’autorisation est contestée pour n’avoir pas tenu compte des impacts climatiques, notamment au niveau local.
En Australie, coup d’arrêt pour Mach Energy. La plus haute Cour du pays a bloqué, mercredi 7 octobre dernier, le projet de cette société appartenant à Droxford International, une filiale du groupe indonésien Salim, visant à agrandir la mine de charbon de Mach Mount Pleasant.
Située en Nouvelle-Galles du Sud, dans le sud-est du pays, cette installation dite à ciel ouvert produit du charbon destiné essentiellement à l’exportation. Serait-ce pour cette raison que les autorités n’en auraient pas correctement évalué les dégâts potentiels avant de donner leur autorisation ?
Dans sa décision, le tribunal estime en tout cas que les instances chargées de la planification n’avaient pas veillé à ce que les émissions de gaz à effet de serre résultant de cette exploitation soient réduites au minimum, dans toute la mesure du possible.
L’angle mort du « Scope 3 »
Mach Energy souhaitait en effet prolonger de 22 années supplémentaires l’exploitation de la mine, jusqu’en 2048, avec pour objectif le doublement de la production annuelle. De quoi engendrer près de 876 millions de tonnes d’équivalent CO₂ sur sa durée de vie.
Pour l’entreprise, aucun lien clair ne pouvait être établi entre le charbon exporté et brûlé à l’étranger et les effets environnementaux ressentis à proximité du site. D’autant que, selon les projections officielles, les émissions directes de l’installation et celles liées à l’énergie achetée — les fameux « Scopes 1 et 2 » — ne représentent qu’environ 2% du bilan total.
Or, d’après les défenseurs de l’environnement, toute quantité de gaz à effet de serre rejetée dans l’atmosphère augmente le risque de feux de brousse, d’inondations et de sécheresses. C’est la position défendue par Wendy Wales et Tony Lonergan, deux enseignants à la retraite à l’origine de la saisine de la justice.
La satisfaction des défenseurs de l’environnement
C’est notamment ce qu’a retenu le tribunal, alors que le droit de l’urbanisme de Nouvelle-Galles du Sud impose d’envisager des conditions permettant de réduire les émissions de gaz à effet de serre, « Scope 3 » compris, dans toute la mesure du possible.
La décision de la Haute Cour est un camouflet pour l’Independent Planning Commission, l’organe d’État ayant validé le projet. Au grand dam de Mach Energy, qui dit s’en remettre désormais au verdict. Du côté des plaignants, c’est un sentiment de satisfaction qui prévaut.
« La Haute Cour a affirmé ce que nous avons toujours su. Nous ne pouvons pas extraire du charbon, l’expédier à l’étranger, le voir alimenter le changement climatique, puis prétendre que les conséquences ne nous concernent pas et que nous n’en subirons pas les effets », a déclaré Wendy Wales dans un communiqué cité par Al Jaze

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