Le géant américain de la tech mise sur l’énergie produite par un gigantesque projet solaire en développement dans le Sud du pays pour compenser les émissions de CO2 de ses centres de données, via un contrat d’achat virtuel d’électricité.
Selon des informations rapportées le 14 juillet 2026 par le Financial Times (FT), Google s’est engagé à racheter, pour un montant non dévoilé, l’intégralité de la production initiale d’un vaste projet solaire assorti d’un système de stockage par batteries situé dans l’Arkansas.
Baptisé Steel River Energy Center et implanté dans le comté de Mississippi, ce projet vise à terme une immense installation combinant 2,5 GW d’énergie solaire et 2,9 GWh de stockage. Ce qui en ferait le plus grand ensemble de ce type jamais lancé aux États‑Unis.
L’accord devrait permettre à la filiale d’Alphabet de sécuriser, dès l’entrée en service du site en 2029, 1,6 gigawatt de puissance solaire et 2 gigawattheures de capacité de stockage. Un volume équivalant à l’alimentation annuelle d’environ 315 000 foyers, d’après le FT.
Le montage repose sur un contrat d’achat virtuel d’électricité verte (VPPA), mécanisme par lequel une entreprise acquiert les certificats d’énergie renouvelable et les bénéfices environnementaux associés à un projet, sans pour autant recevoir directement l’électricité produite.
S’accommoder des résistances locales
Ce type de contrat est présenté comme un levier stratégique permettant à des groupes comme Google de contribuer à la décarbonation du réseau électrique national, même lorsque l’électricité physiquement consommée par leurs centres de données provient d’un mix différent.
En pratique, le géant de la tech continuera de puiser son électricité sur le réseau classique, tout en finançant une production solaire qui alimentera d’autres clients, à la demande plus variable.
« Cet investissement alimente le réseau dans son ensemble et fait bénéficier tous les clients de l’Arkansas des avantages de la centrale locale », a déclaré Will Conkling, responsable de l’énergie des centres de données chez Google, cité par le Financial Times.
Une demande énergétique dopée par l’IA
La multiplication des centres de données — ces infrastructures qui hébergent serveurs et systèmes de stockage indispensables au cloud et aux modèles d’IA — a fortement modifié la courbe de consommation électrique aux États‑Unis.
Google, comme d’autres géants du secteur, voit ainsi ses besoins en électricité croître à un rythme soutenu (+ 37% en 2025, un record), ce qui met ses engagements climatiques sous pression.
Pour Cypress Creek Energy, le développeur du projet, cet accord constitue un signal positif rare pour le secteur solaire américain, fragilisé par les politiques de l’administration Trump, qui ont réduit certains crédits d’impôt et cherché à retarder ou bloquer plusieurs projets.
« Les grandes entreprises technologiques sont essentielles », a résumé son directeur général Kevin Smith dans les colonnes du FT. Il compare son activité à celle d’un promoteur hôtelier qui construirait uniquement des établissements déjà réservés pour vingt ans.

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