Gates et OpenAI au chevet de la santé en Afrique

La fondation du philanthrope américain Bill Gates, en partenariat avec la société spécialisée en intelligence artificielle, prévoit d’intégrer cette technologie dans les systèmes de santé africains afin d’en améliorer l’efficacité. Un investissement de 50 millions de dollars.

« Dans les pays plus pauvres avec d’énormes pénuries de personnel de santé et un manque d’infrastructures de systèmes de santé, l’IA peut changer la donne en élargissant l’accès à des soins de qualité« .

Bill Gates a annoncé, mercredi 21 janvier 2026, le lancement à travers sa fondation d’une vaste initiative de soutien aux systèmes de santé africains. Baptisé Horizon 1000, ce programme élaboré en collaboration avec OpenAI ambitionne de renforcer les services sanitaires du continent grâce à l’intelligence artificielle.

Présenté en marge du Forum économique mondial de Davos, le partenariat vise à déployer des solutions d’IA dans au moins 1 000 centres de santé primaire et leurs communautés environnantes d’ici 2028, en coopération avec les autorités nationales.

L’initiative met l’accent sur les soins destinés aux femmes enceintes et aux personnes vivant avec le VIH, deux groupes particulièrement exposés aux ruptures de suivi médical. L’ampleur du projet témoigne de l’urgence sanitaire à laquelle fait face le continent.

Kigali comme point de départ

Selon les estimations citées par Bill Gates, l’Afrique subsaharienne fait face à un déficit d’environ 6 millions de professionnels de la santé, un chiffre qui illustre l’ampleur du défi à relever.

La région est également marquée des réalités extrêmes, où certains pays comptent toujours d’après Gates, à peine un médecin pour 50 000 habitants, y compris dans de grandes zones urbaines, un ratio sans commune mesure avec celui des pays à revenu élevé.

Le Rwanda a été choisi comme pays pilote, confirmant ainsi le positionnement stratégique du pays de Paul Kagame comme hub technologique en Afrique de l’Est et même au-delà.

Cette décision s’inscrit dans la continuité des initiatives déjà engagées sur place. L’an dernier, Kigali inaugurait un centre dédié à l’intelligence artificielle appliquée à la santé.

Une initiative qui tombe à pic

« Il s’agit d’utiliser l’IA de manière responsable pour réduire la charge pesant sur les travailleurs de la santé, pour améliorer la qualité des soins et pour atteindre plus de patients« , explique Paula Ingabire, ministre rwandaise des Technologies de l’information et des communications et de l’innovation, dans une déclaration vidéo publiée mercredi et relayée par Reuters.

Cette annonce intervient alors que les systèmes de santé africains sont fragilisés par la baisse de l’aide internationale, la conséquence du rétrécissement de l’aide au développement amorcé par l’administration Trump dans le cadre du déploiement de son agenda « Amérique d’abord ».

D’après la Fondation du milliardaire, l’aide mondiale au développement consacrée à la santé a notamment chuté de près de 27 % en 2025 par rapport à 2024, provoquant sur le terrain une hausse des décès infantiles pourtant évitables.

« En utilisant l’innovation, en utilisant l’IA, je pense que nous pouvons nous remettre sur la bonne voie. « Notre engagement est que cette révolution se produira dans les pays pauvres au moins aussi rapidement qu’elle se produit dans les pays riches« , a déclaré Bill Gates à Reuters.


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