Une instabilité météorologique inédite et des désastres marqués par les feux de forêt, les crues et les tempêtes violentes ont porté le montant global des pertes dues aux aléas naturels à 224 milliards de dollars en 2025, dont 108 milliards couverts par les assurances.
L’année 2025 restera dans les annales comme le symbole d’une instabilité climatique mondiale grandissante.
Selon les dernières estimations publiées mardi 13 janvier par Munich Re, l’un des principaux groupes de réassurance au monde, les douze derniers mois ont été marqués par deux périodes radicalement opposées : un premier semestre historique en termes de pertes assurées, suivi d’un second particulièrement calme, le plus apaisé depuis dix ans.
Les désastres naturels ont ainsi coûté 108 milliards de dollars aux assureurs, contre 147 milliards (corrigés de l’inflation) en 2024. Cette nette diminution s’explique en grande partie par l’absence, pour la première fois depuis une décennie, d’un ouragan frappant le territoire continental des États-Unis.
Toutefois, le total des pertes économiques liées aux catastrophes naturelles atteint 224 milliards de dollars. Un record pour des événements non associés à des ouragans majeurs.
L’émergence de nouveaux périls primaires
Cela marque un tournant dans la nature même des risques climatiques. Ce qui constitue peut-être l’évolution la plus significative de cette année est la transformation de ce que l’industrie de l’assurance appelait autrefois les « périls secondaires ».
Dans ce contexte, les inondations, les orages violents et les incendies de forêt ne peuvent plus être considérés comme des menaces secondaires ; ils sont désormais devenus des facteurs permanents de pertes primaires.
C’est dire que ces phénomènes génèrent aujourd’hui des dégâts économiques aussi importants, voire supérieurs, aux catastrophes traditionnellement considérées comme majeures. Les États-Unis ont une fois de plus concentré l’essentiel des pertes mondiales, représentant plus de 80% de tous les sinistres assurés de l’année, selon Munich Re.
L’événement le plus coûteux de l’année a été l’incendie dévastateur de Los Angeles en janvier, dont les dégâts ont établi un nouveau record pour ce type de catastrophe.
Un bilan humain préoccupant
Si les États-Unis ont absorbé la majorité des pertes financières, d’autres régions ont subi un impact humain dramatique. L’ouragan Melissa, classé catégorie 5, a ainsi ravagé les Caraïbes avec une intensité exceptionnelle, provoquant des destructions massives dans plusieurs îles.
L’Asie du Sud et du Sud-Est a, quant à elle, été frappée par de vastes inondations qui ont touché des millions de personnes et paralysé de nombreuses économies. Le Myanmar a connu la tragédie la plus meurtrière, avec un séisme à l’origine de 4 500 victimes. De quoi en faire l’événement le plus fatal de 2025.
Au total, plus de 17 000 personnes ont péri dans des catastrophes naturelles au cours de l’année écoulée. Face à l’aggravation des risques climatiques due notamment à l’intensification du réchauffement, la prévention et la résilience apparaissent plus que jamais comme des impératifs à toutes les échelles.

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