Les JO d’hiver en sursis

L’événement ouvert cette semaine en Italie fait face à une menace existentielle due particulièrement à la montée croissante du niveau des températures.

Les villes italiennes de Milan et de Cortina d’Ampezzo, hôtes des 25ᵉ Jeux olympiques d’hiver ouverts le 6 février, pourraient bien figurer parmi les dernières capables d’accueillir la compétition à court terme en raison du réchauffement climatique.

Ce phénomène, amplifié par la hausse continue des émissions de gaz à effet de serre, touche particulièrement l’Europe, que le Financial Times décrit comme l’une des régions se réchauffant le plus rapidement au monde, avec des hivers de plus en plus doux.

À Cortina d’Ampezzo, nichée dans le nord-est de l’Italie, au cœur des Alpes vénitiennes (province de Belluno), le nombre de jours de gel a reculé d’environ 20% par rapport à la décennie suivant les Jeux de 1956, selon les données de l’organisation environnementale à but non lucratif Climate Central, citées par le magazine britannique.

Les températures y sont désormais supérieures de 3,6 °C à celles d’il y a 70 ans, soit bien au-delà de la moyenne mondiale du réchauffement, estimée à 1,4 °C au-dessus des niveaux préindustriels, d’après les analyses climatiques de ce mois.

Des Jeux de plus en plus difficiles à organiser

D’après les dernières études, le nombre de sites susceptibles d’héberger les Jeux olympiques et paralympiques d’hiver pourrait être réduit de plus de vingt fois d’ici la fin du siècle si les émissions de gaz à effet de serre ne sont pas maîtrisées.

Le Comité international olympique (CIO) prévoit pour sa part qu’à l’horizon 2040, seule une dizaine de villes pourraient encore répondre aux conditions nécessaires, tant la neige se raréfie et le climat devient imprévisible.

Le défi ne réside pas seulement dans le manque de neige, mais aussi dans la multiplication des épisodes de redoux, de pluie et de fonte rapide, qui perturbent la préparation des pistes et les calendriers sportifs. Un constat alarmant qui se vérifie déjà sur le terrain, où les organisateurs de compétitions internationales peinent de plus en plus à garantir des conditions optimales aux athlètes.

« Le temps nous a donné beaucoup de défis cet automne« , témoigne un responsable de US Ski and Snowboard, fort de plus de 35 ans d’expérience dans la construction de sites de compétition de ski alpin de classe mondiale, dans les colonnes d’Associated Press.

L’illusion coûteuse de l’hiver artificiel

« Il a fait beaucoup plus chaud dans le Colorado, dans cette région, dans l’Ouest en général, le Wyoming, l’Idaho, poursuit-il, évoquant les difficultés rencontrées pour préparer les pistes. On ne savait pas si on allait obtenir les températures dont nous avions besoin. »

Les cinq dernières années ont été particulièrement révélatrices de cette tendance inquiétante. Les annulations de courses de la Fédération Internationale de Ski (FIS) se sont multipliées, un phénomène qui se répercute directement sur l’organisation des Jeux Olympiques.

Pour Paola Mercogliano, scientifique principale au CMCC et co‑autrice d’une sur le réchauffement climatique dans la région alpine de Milano‑Cortina, le secteur des sports d’hiver doit “s’adapter à des conditions climatiques qui changent très rapidement”, faute de quoi une partie de l’économie de montagne deviendra vite intenable.

Cette adaptation est d’autant plus cruciale que la neige artificielle n’est pas une solution viable. En effet, les températures élevées causées par le changement climatique l’empêchent de persister suffisamment longtemps, rendant sa production à la fois énergivore, coûteuse et gourmande en eau.


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