La société experte en fusion nucléaire s’associe à Nvidia et Siemens pour accélérer le développement de son réacteur, misant sur la promesse d’une énergie à la fois propre et abondante.
Le Consumer Electronics Show (CES) ne déçoit presque jamais en matière d’innovations, et l’édition de cette année ne fait pas exception. Commonwealth Fusion Systems (CFS) y a annoncé, le 6 janvier, un partenariat stratégique avec Nvidia et Siemens dans le cadre de la construction du premier réacteur de fusion nucléaire.
Baptisé Sparc et mis au point avec le MIT Plasma Science and Fusion Center, ce réacteur a pour ambition de devenir le premier tokamak – un dispositif en forme de beignet – capable de générer plus d’énergie qu’il n’en consomme.
Au cœur du projet : 18 aimants supraconducteurs géants. Une fois installés, ils produiront un champ magnétique d’une intensité extrême, destiné à confiner et comprimer du plasma porté à plus de 100 millions de degrés Celsius.
C’est à ce stade qu’interviennent Nvidia et Siemens. CFS compte s’appuyer sur l’intelligence artificielle et les logiciels industriels avancés de ses partenaires pour accélérer la transition de la fusion, du laboratoire jusqu’au réseau électrique.
Un jumeau numérique aux capacités prometteuses
Concrètement, les deux entreprises participeront à la création d’un jumeau numérique complet du réacteur Sparc. Siemens fournira ses outils de conception et de fabrication, tandis que les données générées alimenteront Omniverse, la plateforme de simulation 3D de Nvidia.
CFS n’en est pas à sa première expérience dans le domaine. L’entreprise réalise déjà de nombreuses simulations pour évaluer les performances de ses composants. Mais, comme l’a expliqué Bob Mumgaard, directeur général et cofondateur, ces résultats restent aujourd’hui fragmentés.
« Ce ne seront plus des simulations indépendantes, mais des modèles évolutifs qui suivront le dispositif réel tout au long de son développement », précise-t-il. Grâce à ce jumeau numérique, les ingénieurs pourront tester virtuellement des scénarios ou ajuster des paramètres avant toute expérimentation sur le réacteur physique, réduisant ainsi les risques et gagnant un temps précieux.
L’énergie du soleil au service de l’intelligence artificielle
L’enjeu est immense : si la fusion commerciale voit le jour, elle offrirait une source d’énergie propre et quasi inépuisable, sans émissions de gaz à effet de serre et avec très peu de déchets radioactifs, comparée à la fission classique.
Autre atout, cette technologie pourrait s’intégrer facilement aux infrastructures électriques existantes, un argument qui attire les géants du numérique désireux d’alimenter leurs centres de données et leurs systèmes d’IA avec une énergie continue.
CFS a d’ailleurs déjà signé un contrat d’achat d’électricité avec Google, garantissant à ce dernier un accès privilégié à l’énergie issue de ce qui pourrait devenir la première centrale de fusion connectée au réseau à grande échelle.
L’entreprise ambitionne de démarrer une production commerciale dans les années 2030, soutenue par le fonds Breakthrough Energy Ventures, créé par Bill Gates pour financer les technologies basses carbone les plus prometteuses.

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