
Pour la première fois depuis la pandémie de Covid-19, le géant asiatique enregistre une diminution de ses émissions de carbone au premier semestre 2025.
Selon le Centre de recherche sur l’énergie et l’air pur (CREA), les émissions de dioxyde de carbone ont baissé de 1% sur les six premiers mois de l’année par rapport à la même période en 2024.
Preuve de cette amélioration, le secteur électrique, traditionnellement le plus gros émetteur de gaz à effet de serre du pays, enregistre une réduction de 3% de ses émissions sur la période étudiée.
Grâce à des investissements massifs, les énergies renouvelables ont le vent en poupe. L’industrie solaire, en particulier, bénéficie d’un écosystème favorable combinant des politiques incitatives, innovations technologiques et économies d’échelle, de quoi faire baisser les coûts de production.
De fait, les capacités photovoltaïques du pays ne cessent d’augmenter à un rythme effréné, et 2025 s’annonce comme une année record pour les nouvelles installations solaires. Globalement, cette baisse des émissions, si modeste soit-elle, n’est pas anecdotique.
Une première depuis trois ans
En effet, la Chine reste la principale usine du monde, contribuant pour 30% des émissions mondiales de CO2, à cause notamment de son appétence pour le charbon, énergie fossile par excellence.
Par ailleurs, la dernière baisse annuelle des émissions chinoises remontait à 2022, mais celle-ci était largement attribuable aux restrictions liées à la pandémie de Covid-19 et au ralentissement économique qui en avait résulté.
La situation actuelle diffère fondamentalement, car la réduction intervient dans un contexte de reprise économique et de croissance soutenue. C’est de bon augure pour les objectifs climatiques du pays consistant à atteindre le pic d’émissions avant 2030 et la neutralité carbone d’ici 2060.
Au plan international, ces avancées positionnent l’Empire du Milieu comme bon élève du climat, notamment vis-à-vis du concurrent américain plus que jamais engagé dans le forage pétrolier conformément à l’agenda pro-fossile du président Donald Trump.
Le défi persistant de l’industrie chimique
L’étude du CREA révèle cependant un bémol. Ainsi, la baisse de la consommation de charbon dans la production électrique s’accompagne paradoxalement d’une augmentation de 6% de l’utilisation du gaz naturel pour générer de l’électricité.
L’industrie chimique enregistre une croissance continue de ses émissions, de quoi menacer les gains réalisés ailleurs. L’analyse de CREA projette que cette tendance pourrait ajouter encore 2% supplémentaires aux émissions chinoises d’ici 2029.
Au-delà des chiffres, cette première moitié d’année 2025 remet au goût du jour une vérité fondamentale. À savoir que la transition énergétique est moins un processus linéaire qu’un parcours complexe fait d’avancées, mais aussi de résistances. Une œuvre de longue haleine.
Il reste à savoir si cette baisse des émissions chinoises constitue un véritable progrès écologique ou juste une pause avant de nouveaux défis.
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