L’ONU entend placer le secteur privé au cœur de sa stratégie pour la COP31 d’Antalya prévue plus tard cette année.
Dans un contexte international marqué par le désengagement des États-Unis vis-à-vis de l’Accord de Paris et la montée des tensions géopolitiques, le Secrétaire exécutif de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), Simon Stiell, a choisi d’adopter une approche économique pour encourager les gouvernements à maintenir leur engagement dans la transition énergétique.
S’exprimant devant la presse internationale réunie à Istanbul jeudi 12 février, il a délivré un message sans ambiguïté : les investisseurs privés sont désormais au cœur de la lutte contre le réchauffement climatique, et les pays qui négligent cette réalité en subiront de lourdes conséquences économiques.
« Pour accélérer cette transformation et garantir que chaque pays dispose d’un siège à cette table des opportunités, en particulier les économies vulnérables et en développement, il est crucial d’accélérer les flux financiers« , a déclaré Stiell lors de cette rencontre qui marque le lancement officiel du processus vers la COP31 prévue dans la ville turque d’Antalya du 9 au 20 novembre prochain.
Des partenariats pour des résultats concrets
Le responsable onusien a mis en avant des chiffres révélateurs du changement à l’œuvre : depuis 2015, date de l’Accord de Paris, les investissements dans les énergies propres ont été multipliés par dix, passant de 200 à plus de 2 000 milliards de dollars par an.
« Les capitaux dirigés vers l’énergie propre continuent de croître rapidement, représentant désormais plus du double des montants alloués aux combustibles fossiles », a-t-il souligné. Au centre de la feuille de route présentée pour la COP31 figure la mise en place de partenariats innovants réunissant gouvernements, institutions financières et acteurs privés.
Simon Stiell a évoqué à cet égard l’exemple de la COP30 à Belém, au Brésil, où cette démarche avait déjà produit des résultats tangibles, même si — comme le rappelle le Financial Times — l’engagement du secteur privé y était resté moindre que lors de la COP28 à Dubaï.
Passer de la rhétorique à l’action
Pour intensifier la mobilisation du capital privé, le chef climat de l’ONU a identifié plusieurs leviers d’action. En premier lieu, une réduction du coût du capital et une hausse considérable, tant en quantité qu’en qualité, des financements climatiques destinés aux pays du Sud.
Il a aussi insisté sur le rôle stratégique des banques multilatérales de développement, appelées à fournir davantage de ressources, à stimuler l’investissement privé, à améliorer la qualité des données disponibles et à poursuivre leurs réformes internes.
Dans l’un des passages les plus marquants de son intervention, Simon Stiell a averti les États tentés de freiner leurs politiques climatiques. Selon lui, ces derniers risquent de se voir distancés dans la compétition économique du XXIᵉ siècle.
« Ceux qui renoncent au leadership climatique livrent, sur un plateau d’argent, cette précieuse source d’emplois et de prospérité à leurs concurrents », a-t-il prévenu, visant implicitement les États-Unis, où le retour de Donald Trump au pouvoir s’accompagne d’un net recul des engagements environnementaux depuis janvier 2025.

Poster un Commentaire