L’Inde dévoile un plan climatique en trois volets

La nouvelle feuille de route axée sur la transition énergétique, la réduction de l’empreinte carbone de l’économie et le renforcement des puits naturels de carbone, place le pays au-dessus de ses anciens objectifs.

Attendue depuis un peu plus d’un an, la nouvelle Contribution déterminée au niveau National (NDC) — le plan climatique officiel soumis dans le cadre de l’Accord de Paris — de l’Inde a finalement été dévoilée le 25 mars dernier.

Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’elle ne manque pas d’ambition. Le pays promet en effet de porter à 60 % la part d’énergies non fossiles (solaire, éolienne, hydroélectrique et nucléaire) dans sa capacité électrique installée d’ici à 2035.

Une avancée notable par rapport à la précédente cible de 50 % fixée pour 2030. Même si, comme le souligne Le Monde, 73 % de l’électricité consommée provient encore des centrales à charbon.

Le second axe concerne la réduction de l’intensité carbone de l’économie, que New Delhi compte abaisser de 47 % par rapport au niveau de 2005. L’objectif consiste à découpler la croissance économique — nourrie par une population de 1,4 milliard d’habitants et une industrialisation rapide — de l’augmentation parallèle des émissions de gaz à effet de serre.

Un bilan déjà significatif

L’Inde prévoit également d’étendre ses zones forestières et arborées afin d’absorber entre 3,5 et 4 milliards de tonnes supplémentaires de CO₂. De quoi transformer ses écosystèmes terrestres en véritables réservoirs naturels de carbone, dans un contexte où la pollution atmosphérique demeure alarmante et meurtrière.

Pour apprécier la portée de ces nouveaux engagements, il faut rappeler le chemin déjà parcouru. Le pays a d’ores et déjà surpassé son objectif pour 2030, atteignant 52 % de capacité électrique issue de sources non fossiles, plusieurs années avant l’échéance fixée.

Côté intensité carbone, dès 2019, l’Inde avait enregistré une baisse de 36 % par rapport à 2005. Quant à ses puits de carbone, ils absorbaient déjà près de 2 milliards de tonnes à la même période. Cette progression constante conforte la crédibilité des nouvelles cibles, bien que certains y voient encore un manque d’audace.

Un leadership du Sud global affirmé

« Cette nouvelle ambition peut paraître modeste, mais il faut tenir compte du fait que, à mesure que l’intensité diminue grâce à des mesures d’efficacité, il devient inévitablement plus difficile d’obtenir des réductions supplémentaires », explique l’ancien négociateur en chef sur le changement climatique pour l’Inde de 2007 à 2010, Shyam Saran, dans les colonnes du Monde.

Alors que plusieurs grandes puissances historiquement responsables des émissions mondiales — à l’instar des États‑Unis — montrent des signes de repli ou d’hésitation, la feuille de route indienne prend une résonance particulière, en dépit des fragilités structurelles de son économie, encore très dépendante du charbon par exemple.

« L’une des raisons pour lesquelles l’Inde ne vise pas plus haut dans ses objectifs pour 2035, alors qu’elle semble en mesure de le faire, pourrait être liée à sa déception face à l’incapacité des pays développés à débloquer davantage de fonds pour la lutte contre le changement climatique », analyse Amitabh Sinha, rédacteur en chef adjoint de The Indian Express et spécialiste des questions environnementales, également cité par Le Monde.


Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*