Le Japon débloque 1,3 milliard de dollars pour l’énergie verte

Le pays mise sur un plan ambitieux de subventions pour accélérer le passage à l’énergie propre et réduire sa dépendance aux combustibles fossiles.

Le gouvernement japonais a annoncé, lundi 22 décembre dernier, le déblocage de 1,3 milliard de dollars afin d’accélérer la transition énergétique du pays.

Cette enveloppe, inscrite dans le cadre de la « Vision GX 2040 », la stratégie nationale définissant la trajectoire de transformation verte du Japon d’ici 2040, est destinée aux entreprises recourant exclusivement à l’électricité décarbonée, ainsi qu’à celles qui participent à l’essor de la demande locale en énergie propre.

Les ambitions de cette feuille de route sont multiples et étroitement liées. Il s’agit de  stimuler le passage des énergies fossiles vers des sources durables ; renforcer les économies régionales et, surtout, réduire drastiquement la dépendance du Japon vis-à-vis des importations énergétiques.

Cette dernière question constitue un enjeu stratégique majeur pour Tokyo. En tant que nation insulaire dépourvue de ressources naturelles abondantes, le Japon a historiquement reposé sur les importations de pétrole, de gaz et de charbon pour couvrir ses besoins énergétiques.

Atteindre les objectifs climatiques malgré les revers

Or, les récentes crises géopolitiques et énergétiques mondiales n’ont fait qu’accentuer cette fragilité. Cinquième plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre, le pays ambitionne désormais de porter la part des énergies renouvelables à 50% de son mix énergétique, un saut considérable par rapport à la situation actuelle.

Cette progression serait complétée par une contribution de 20% issue du nucléaire, marquant un retour graduel vers cette source d’énergie controversée depuis la catastrophe de Fukushima en 2011. En 2023, les renouvelables comptaient pour 22,9% du mix national, contre seulement 8,5% pour le nucléaire, selon les données de Reuters.

Combinées, ces deux sources basses-carbone devraient ainsi représenter environ 70% du mix énergétique japonais d’ici la fin de la prochaine décennie. Un objectif qui placerait le Japon parmi les pionniers mondiaux de la décarbonation de l’électricité.

Des défis considérables à surmonter

Malgré ces annonces porteuses d’espoir, la trajectoire de transition énergétique du Japon demeure semée d’obstacles. Les filières éolienne et solaire, piliers du développement des énergies renouvelables, subissent actuellement des ralentissements notables qui freinent la progression vers les cibles climatiques fixées.

À l’origine de ces retards, plusieurs facteurs, dont la  complexité des procédures d’autorisation, les difficultés d’intégration au réseau électrique, les contraintes géographiques liées à la nature insulaire et montagneuse du territoire, sans oublier l’opposition locale aux grands projets d’infrastructure énergétique.

Ce dernier point a d’ailleurs conduit le gouvernement à restreindre récemment le déploiement de certains projets photovoltaïques afin de préserver les espaces naturels. Malgré ces freins, les experts estiment que ce programme de subventions pourrait déclencher un effet d’entraînement susceptible de dynamiser considérablement la demande en énergies propres.

L’initiative japonaise intervient à un moment crucial où l’Asie cherche à concilier croissance économique et impératifs climatiques.


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