
Le grand raout climatique de novembre prochain mobilise d’ores et déjà les autorités brésiliennes, pleinement engagées dans le défi colossal de l’hébergement.
À moins de huit mois de la conférence des Nations Unies sur le climat (COP30) prévue dans la ville amazonienne de Belém, le Brésil met les bouchées doubles pour être à la hauteur de l’événement présenté comme celui des peuples.
Un slogan d’autant plus significatif que les militants pro-climat et autres groupes de pression y sont massivement attendus. Une première depuis trois ans, saluée par les principaux intéressés. Problème : ce principe d’inclusion risque de demeurer un vœu pieux.
En cause, le déficit d’hébergement caractéristique de la ville hôte. Souvent appelée la « Porte d’entrée de l’Amazonie » en raison de sa proximité avec la célèbre forêt, la métropole de Belém ne dispose pour l’heure que de 18 000 lits disponibles, selon Reuters.
Avec plus de 60 000 visiteurs attendus, le défi se révèle immense. Même si le président Luiz Inácio Lula da Silva encourage les participants à dormir à la belle étoile, « en regardant le ciel, qui est merveilleux », face à la pénurie de cadres convenables.
Une ville en chantier
Pour faire face à la situation, son gouvernement a décidé d’investir près d’un milliard de dollars dans de nouvelles infrastructures à Belém. Deux hôtels sont en construction et deux navires de croisière seront amarrés dans le port voisin pour accueillir une partie des invités.
Reuters fait par ailleurs cas de plusieurs initiatives reflétant l’ingéniosité locale. Il en est ainsi des ferries fluviaux reconvertis en suites de luxe, des conteneurs maritimes réaménagés, des écoles et églises transformées en auberges temporaires.
Plus cocasse, les « love motels » – du nom de ces établissements habituellement loués à l’heure pour des rendez-vous intimes – sont proposés pour héberger des délégations participantes.
« Je peux atténuer l’ambiance trop sensuelle en retirant les chaises érotiques, mais les barres de pole dance et les miroirs au plafond, par exemple, je ne peux pas les enlever« , confie Yorann Costa, propriétaire d’un motel nommé Secreto, dans les colonnes de l’agence de presse britannique.
La spéculation bat son plein
Dans ces conditions, la spéculation immobilière bat son plein sur place. Lula a beau affirmer ne pas vouloir « chasser les pauvres des rues », de nombreux locataires se voient refuser le renouvellement de leur bail, à en croire plusieurs témoignages recueillis par Reuters.
Les appartements sont ensuite proposés à des prix dix fois supérieurs aux personnes souhaitant prendre part à la COP. Rafaela Rodrigues, une commerçante de Belém, témoigne : « C’était le chaos. J’avais 10 jours pour trouver un nouvel endroit, le louer, déménager et rendre mon ancien appartement« .
« La capacité à résoudre les problèmes d’hébergement peut faire ou défaire une COP« , prévient au sein de Reuters, Tasneem Essop, directrice exécutive du Climate Action Network, soulignant l’immensité des enjeux auxquels sont confrontés les autorités brésiliennes.
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