L’aspirateur à carbone d’Aramco voit le jour

Le géant pétrolier saoudien dévoile son premier projet pilote de captage du carbone de l’atmosphère. Un moment significatif pour l’entreprise considérée comme l’une des plus grandes émettrices de CO2 au monde.

Un peu plus d’un an après son lancement prévu, Aramco tient enfin son unité de captage direct de dioxyde de carbone (CO2) de l’air. À travers cette technologie encore appelée DAC en anglais (pour Direct Air Capture), le carbone est éliminé de l’atmosphère.

Un processus d’autant plus crucial que les émissions de CO2, ce gaz à effet de serre, contribuent immensément au changement climatique, d’après de nombreuses études scientifiques. Conçu en partenariat avec l’entreprise allemande Siemens Energy, le dispositif d’Aramco devrait permettre d’aspirer 12 tonnes de carbone par an de l’atmosphère.

Cela représente à peu près l’équivalent de ce que produisent deux personnes en une année dans leurs activités quotidiennes.

« Cette installation pilote constitue une étape clé dans nos efforts pour développer des systèmes DAC viables, destinés à être déployés en Arabie saoudite et au-delà », a déclaré Ali A. Al-Meshari, vice-président senior d’Aramco chargé de la supervision et de la coordination technologique, cité par Reuters.

Une vision ambitieuse pour l’avenir

« En plus de contribuer à la réduction des émissions, le CO2 extrait par ce processus pourra être utilisé pour produire des carburants et des produits chimiques plus durables« , ajoute le dirigeant, alors qu’Aramco vise à atteindre d’ici 2050, la neutralité carbone pour ses émissions de scope 1 et 2.

Cela regroupe les émissions directes et indirectes. C’est une étape importante pour la stratégie de décarbonation de cette major pétrolière figurant parmi les plus grands pollueurs au monde, dans un contexte de pression accrue des défenseurs de l’environnement.

Toujours selon Reuters, cette première machine doit ouvrir la voie à une installation pilote plus importante, capable de capturer 1 250 tonnes de CO2 par an. L’autre ambition écologique du groupe saoudien concerne le lancement prévu pour fin 2027, d’un autre système pouvant capter et stocker jusqu’à 9 millions de tonnes de CO2 par an.

Une initiative diversement appréciée

À cet effet, Aramco a signé en décembre dernier, un accord avec les sociétés de services pétroliers SLB et Linde. L’agence de presse britannique ajoute que le géant pétrolier a conclu plusieurs autres accords pour explorer le développement du captage du carbone.

Cette initiative intervient à un moment critique où cette technologie suscite à la fois espoir et scepticisme. En effet, certains experts saluent ces innovations comme essentielles pour atteindre les objectifs climatiques mondiaux.

D’autres en revanche pointent les coûts élevés – entre 600 et 1 000 dollars par tonne métrique d’après certaines estimations – et le manque de preuves concernant l’efficacité de ces systèmes à grande échelle. Environ 130 installations de DAC sont planifiées dans le monde, selon l’Agence internationale de l’énergie (AIE).


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