
Le géant australien de l’énergie est confronté à la fronde de certains actionnaires mécontents de sa politique climatique et de ses performances économiques.
Des administrateurs de Woodside Energy sur la sellette avant la prochaine assemblée générale de l’entreprise ? La réunion annuelle programmée le 8 mai 2025 à Perth, en Australie, s’annonce particulièrement tendue pour plusieurs membres du conseil d’administration du géant énergétique.
Trois dirigeants, dont Ann Pickard, présidente du comité de développement durable ; Ben Wyatt, président du comité d’audit et des risques ; et Tony O’Neill, membre du comité de développement durable, sont spécifiquement visés.
Ces administrateurs font face à une opposition marquée de la part d’un actionnaire significatif, l’Australasian Centre for Corporate Responsibility (ACCR). Ce fonds activiste, spécialisé dans les questions environnementales, sociales et de gouvernance des entreprises dans lesquelles il investit, a formellement appelé à voter contre leur reconduction dans une déclaration officielle soumise à Woodside le 12 mars dernier.
En cause, « l’échec persistant du Conseil d’administration à gérer les risques climatiques et les rendements chroniquement médiocres du groupe pour les actionnaires », peut-on lire dans le texte.
Des critiques acerbes
Selon l’ACCR, Woodside persiste à poursuivre une stratégie « à coûts élevés, à forte intensité carbone et à faible valeur ». Ce qui a négativement impacté, d’après lui, les performances financières de la société.
Le groupe d’actionnaires avance des chiffres particulièrement édifiants. Il indique à cet effet que les rendements totaux pour les actionnaires de Woodside sur les 15 dernières années sont inférieurs de 168% à ceux de l’indice ASX100, regroupant les 100 plus grandes entreprises cotées à la Bourse australienne.
Ces rendements auraient également sous-performé de 83% par rapport aux firmes de l’indice énergétique mondial MSCI, correspondant aux entreprises du secteur de l’énergie dans les marchés développés du monde entier, au cours de la même période.
Des critiques particulièrement acerbes visent aussi la politique climatique de la major pétrogazière australienne.
Une pression croissante
Les frondeurs rappellent que 58% des actionnaires ont voté contre le Plan d’Action de Transition Climatique de Woodside en 2024, marquant ainsi le premier vote majoritaire mondial contre le plan climatique d’une entreprise.
« En réponse, le Conseil d’administration n’a pas modifié sa stratégie. Ceci est une répétition de l’échec persistant de Woodside à répondre aux votes significatifs des actionnaires concernant la gestion des risques climatiques », cingle l’Australasian Centre for Corporate Responsibility, qui pointe une « obstination représentant un risque majeur pour la valeur à long terme de l’entreprise ».
Face à cette offensive, Woodside a indiqué dans une réponse transmise à Reuters qu’elle « examine la déclaration du groupe activiste » et qu’elle « prend en considération les perspectives de tous ses actionnaires dans le cadre de son processus décisionnel ».
Cette confrontation intervient dans un contexte où les entreprises énergétiques traditionnelles font face à une pression croissante pour aligner leurs modèles économiques avec les objectifs climatiques mondiaux.
Poster un Commentaire